Discours de David Ros, 1er Secrétaire fédéral, au Conseil fédéral du 10 avril 2018

Discours de David Ros, 1er Secrétaire fédéral, au Conseil fédéral du 10 avril 2018

Cher-e-s camarades,

C’est avec une grande émotion que je suis devant vous ce soir pour ouvrir ce Conseil fédéral.

Je commencerai par remercier toutes celles et tous eux qui se sont investis pour ce congrès, qui ont fait vivre le débat, les échanges, qui ont su mobiliser les camarades hésitants, déçus, démotivés, voire désabusés pour les votes des 15 et 29 mars derniers.

700 votants, cela peut paraître peu au regard de résultats de participation des élections passées, mais ce résultat est incontestablement encourageant compte tenu de la période que traverse notre parti, en espérant – et j’y reviendrai – que ce chiffre soit un plancher, un plancher rebondissant et non un plafond. Je sais qu’un certain nombre d’entre vous, voire une grande partie est en attente, sceptique, voire résignée quant à l’avenir de notre fédération, de notre parti. Certains, des compagnons de route, parmi lesquels, Olivier Thomas, ont décidé de quitter notre parti. Il m’en a informé cette après-midi avec beaucoup d’émotion, de sincérité. Je le regrette, je lui ai dit. Je sais ce qu’il a apporté à cette fédération, dont il avait fait l’acquisition des murs. Il est et restera un ami, un ami des socialistes. Et je sais que nos routes se croiseront à nouveau pour des combats communs. A Olivier, à tous ceux qui sont dans le même état d’esprit, je leur dis : faisons route commune, ici et maintenant.

Voilà ainsi posée directement et en premier lieu la question qui nous habite tous aujourd’hui. Une question que nous devons regarder en face, sans être paralysés à la perspective de ne pas trouver de réponse. Cette question : c’est celle de la mort ou de la renaissance de Notre parti, en menant le combat au sein de notre parti et non à l’extérieur.

Bien sûr, le clin d’œil calendaire de la semaine de Pascal et de Pessah ne saurait être une garantie du succès de notre « résurrection ». Mais je ne suis pas Chanoine et je suis, contrairement au Président, très attaché à la laïcité, à la séparation de l’église et de l’Etat, je ne vais donc pas poursuivre mon propos en utilisant cette rhétorique.

Comme vous, je connais l’histoire de notre parti, je sais ce qu’il a apporté à notre pays. Je sais aussi que nos valeurs socialistes, résolument de Gauche, humanistes et progressistes, celles qui sont ancrées en chacun de nous sont, plus que jamais, d’actualité. Voilà pour les certitudes.

Pour le reste, nous nous lançons sur un nouveau et long chemin, sans garantie de succès, mais incontournable et surtout sans alternative crédible. Il nous faudra avancer pas à pas, faire preuve de beaucoup d’humilité, être capable de remettre en question certaines de nos habitudes et de nos pratiques.

Et notre première priorité est celle du rassemblement, du rassemblement de tous les socialistes ; rassemblement, non pas pour l’unique plaisir, oh si agréable soit-il de se rassembler, mais le rassemblement à travers la confrontation de nos analyses, de nos propositions, le rassemblement grâce aux débats, aux frictions – qui en physique sont toujours génératrices d’Energie – dans le respect de nos histoires, de nos différences mais aussi dans le respect des règles collectives, et en premier lieu de notre démocratie interne. Oui, camarades, quelques soit les motions que vous avez signées: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7… peu importe, vous avez votre place au sein de notre maison commune. Il en va de la richesse de notre parti, de sa renaissance, de notre capacité à porter un espoir, une espérance pour les forces de gauche et progressistes.

Or, le rassemblement de ces forces commencera par notre propre rassemblement. Il en va de notre crédibilité future.

Car, aujourd’hui, notre voix ne porte pas, ne porte plus. Nous sommes clairement inaudibles, ce qui génère beaucoup d’interrogations, parfois une pointe de fatalisme chez certain. Pour ma part, si le constat est clair, je le perçois comme une source de motivation supplémentaire.

Nous avons la tâche, le devoir de repenser le fonctionnement de notre parti, de le transformer. Nous avons la tâche de bâtir un projet de société qui tienne compte des enjeux qui la bousculent au quotidien. Nous avons la tâche de retisser des liens de confiance avec nos partenaires. Nous avons la tâche de nous redéfinir, de développer une identité claire et affirmée à Gauche, sans renier nos valeurs, nos actions historiques mais empreints de propositions opérationnelles.

A cet égard, Olivier Faure l’a parfaitement résumé ce week-end : « être vraiment socialiste, vraiment réaliste »

Quelle plus belle mission que celle de répondre aux défis de notre temps en portant les valeurs qui nous habitent ?

Vous ne m’entendrez pas me plaindre, vous ne m’entendrez pas tergiversez pendant des heures sur le passé. Nous devons analyser, aiguiser notre regard critique certes sur notre action passée, pour ne pas renouveler les mêmes erreurs, mais surtout nous devons nous projeter vers un monde qui se transforme.

Chaque révolution industrielle a donné lieu à de grands changements politiques. Nous en vivons une, nous sommes plongés au cœur d’un tournant historique. Les défis à relever en sont d’autant plus nombreux, la tâche doit donc nous apparaître d’autant plus exaltante. Nous devons être à la hauteur des rendez-vous qui nous attendent.

Etre Premier Secrétaire fédéral de notre département de l’Essonne au sein du parti socialiste français a une signification particulière.

Si j’ai bien conscience de ce rôle particulier, je veux surtout vous dire que ce qui m’intéresse, ce qui m’anime, ce qui me guide c’est le travail collectif, le travail collaboratif, parce qu’il est enrichissant et revigorant, parce que cette approche constitue en soi un choix politique, parce qu’il sera le préalable de nos futures conquêtes.

Car, notre fédération a une histoire et fut bien souvent à l’avant-garde. Nous devons continuer à l’être et faire de ce département un laboratoire pour l’avenir de notre parti.

Olivier Faure veut faire des territoires des lieux d’innovation, d’expérimentation. Eh bien camarades, desserrons le frein à main de nos arrière-pensées et luttes fratricides passées, libérons nos énergies.

Rassurez-vous, j’ai aussi quelques idées précises pour notre fédération, mais je préfère laisser le débat se dérouler très ouvertement avant de fixer les lignes de notre travail à venir dans les prochaines semaines.

Mais puisqu’il faut commencer par du classique, nous allons annoncer les membres des instances du Conseil fédéral puis ouvrir ce débat sur ce que vous attendez de la fédération, sur la manière dont vous pensez qu’elle doit vivre.

Suite à cette soirée à nos échanges passés et ceux à venir dans les prochains jours et les prochaines semaines, je ne manquerai pas de mettre en mouvement avec vous nos conclusions, notamment à travers la présentation d’un exécutif qui aura en charge de mettre en mouvement notre volonté collective, Bureau fédéral, secrétariat fédéral au Conseil fédéral du 30 mai.