De l’ambition pour les habitant.e.s des quartiers !

De l’ambition pour les habitant.e.s des quartiers !

Vœu de la Fédération de l’Essonne du Parti socialiste,

adopté à l’unanimité des membres du Conseil fédéral le 30 mai 2018

C’est en Essonne en octobre 2017 qu’un rassemblement d’élus, des responsables associatifs et d’habitants ont répondu à « l’appel de Grigny », point de départ de la rédaction du « Plan Borloo » pour les quartiers populaires. Si ce dernier ne pouvait se suffire à lui-même, il proposait un diagnostic lucide de la situation et offrait les perspectives d’un projet ambitieux autour de 19 programmes d’actions à destination des quartiers populaires.

Ce rapport avait vocation à traiter les sujets qui forment le quotidien des 6 millions d’habitants des quartiers populaires en France : éducation, transports, emploi, égalité Femme/Homme, accès au service public.

Point de départ d’une politique volontariste, le plan Borloo était surtout une boîte à outils à la disposition du gouvernement et du Président de la République pour élaborer une nouvelle stratégie de soutien et de développement des quartiers populaires, avec par exemple, la création d’outils d’action pour permettre aux étudiants d’entrer dans la voie de l’excellence, des outils de promotion de l’égalité territorial, ou encore des outils financiers qui élaboreraient des dispositifs pour mettre un terme à la baisse drastique des budgets dédiés à la politique de la Ville et au soutien des collectivités concernées.

Pour toutes ces raisons, la Fédération du Parti socialiste de l’Essonne ne peut qu’exprimer ses vives inquiétudes quant à l’abandon pur et simple de ce plan formulé par le Président de la République dans son discours du 22 mai 2018. Lui préférant une série de mesurettes qui ne répondent en rien aux véritables enjeux, le Président fait un non choix qui ressemble quelque peu à une nouvelle humiliation pour les habitants de grande banlieue – et en premier lieu ceux des quartiers populaires – leurs représentants et tous les acteurs mobilisés sur ces questions depuis plusieurs décennies.

Il suffit par exemple de mettre en perspective la proposition de 30 000 stages pour les collégiens là où le rapport préconisait une véritable politique éducative pour empêcher le décrochage scolaire et injecter de l’excellence dans les quartiers.

D’ordre général, ces mesures sont largement en dessous des besoins réels et ressemblent à « un verre d’eau offert à celui qui doit éteindre un incendie ! »

Sous prétexte de promouvoir l’émancipation, pas de moyens publics supplémentaires…

Le Parti socialiste a toujours été à l’initiative de politiques volontaristes en matière de solidarité et d’égalité territoriale : Création des ZEP, mise en place du Ministère de la Ville, ANRU, loi SRU, Emplois d’avenir, zones de sécurité prioritaire, voilà les réalisations concrètes et de gauche que nous avons portées ces dernières décennies ! Ces politiques constituent de véritables avancées pour les habitants et ont permis d’éviter un décrochage définitif de ces territoires.

N’ayant jamais exercé de mandats locaux, nous pouvons admettre une méconnaissance des territoires de sa part, mais en aucun cas du mépris pour ceux qui font vivre la République dans nos communes. Aujourd’hui, loin de recrédibiliser la parole publique sur la rénovation urbaine, en présentant son « plan » pour la banlieue, Emmanuel Macron vient fragiliser davantage le travail des élus locaux en employant à plusieurs reprises le terme « clientélisme » au cours de son discours. Jeter ainsi la suspicion alors que nombre de nos élus, bien qu’épuisés, luttent tous les jours pour améliorer le quotidien des habitants, devant bien souvent se suppléer à l’Etat même dans ses missions régaliennes pour assurer le vivre-ensemble, n’est pas digne du chef de l’Etat.

En Essonne, depuis toujours, nous avons su mettre en place les laboratoires des quartiers populaires et expérimenter des dispositifs innovants en lien avec les associations et les habitants.

A bien y regarder, ce que le gouvernement s’efforce de qualifier « d’ancien monde » a fait bien plus que le supposé « nouveau monde » pour les quartiers populaires et ses habitants qui sont repartis de l’Elysée avec ce que le Président de la République semble faire de mieux : des promesses en l’air et des belles phrases !

Nous socialistes essonniens, élus, militants, nous connaissons bien les enjeux de tous les territoires classés quartiers populaires, aussi nous condamnons fermement l’abandon d’ambitions réelles pour les habitants, des quartiers et du plan Borloo par le gouvernement au profit de mesures floues et à contresens des véritables attentes.

Nous, socialistes, nous continuerons de faire vivre au niveau local les collectifs rassemblant les élus, les associations et les habitants.

La Fédération de l’Essonne demande que lors du prochain point d’étape en juillet promis par le Président de la République, le gouvernement prenne pleinement la mesure des enjeux et mette en place des propositions sérieuses pour aider les quartiers populaires !

La Fédération de l’Essonne attend des instances nationales l’organisation d’assises des quartiers populaires.

La Fédération de l’Essonne interpelle les parlementaires du département sur la question spécifique de la rénovation urbaine en Essonne et sur l’importance de la mise en place d’un véritable accompagnement de ces quartiers.

La Fédération de l’Essonne réclame au Gouvernement, à la Région Île-de-France et au Département de l’Essonne de prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir les subventions nécessaires aux associations qui agissent et font vivre la République dans ces quartiers.

Contact presse: 01 60 78 23 24