Non messieurs, le Conseil départemental n’est pas une entreprise !

Non messieurs, le Conseil départemental n’est pas une entreprise !

 

« Il faut gérer le Conseil départemental comme une entreprise, (…) souplesse (…) flexibilité ». Ces mots ne sont pas de Serge DASSAULT, 90 ans, nouveau Conseiller départemental et Président de la commission des finances, condamné à l’inéligibilité en 2009 et mis en examen pour achat de vote et de corruption.

S’ils ne sont pas de Serge DASSAULT, qui connaît bien le monde de l’entreprise, ils sont tout de même d’un autre membre de la nouvelle majorité de droite : Georges TRON. Le conseiller de Draveil, lui aussi en délicatesse avec la justice, se prend à rêver sur le tard d’une carrière de Directeur des Ressources Humaines.

Cette phrase prêterait presque à sourire si elle n’était pas révélatrice du vrai projet de la droite essonnienne. Celui d’une remise en cause des acquis sociaux à l’intérieur même de l’institution et des services départementaux.

Dans le contexte d’une faillite imaginaire démentie par son propre cabinet d’audit et sans plus attendre, François DUROVRAY a inscrit à l’ordre du jour de la prochaine séance qui aura lieu lundi prochain 12 octobre, un programme de départs volontaires de la fonction publique, comme dans une entreprise donc…

Cette frénésie démontre une chose : ce plan était prêt et toute la communication politicienne autour du rapport d’audit n’était qu’un faire-valoir, quitte à en détourner les conclusions pour mieux coller au programme.

Concrètement, cela représente pour chaque agent titulaire la possibilité de démissionner, pas seulement du Conseil départemental, mais de la fonction publique, contre une prime pouvant aller jusqu’à deux ans brut de salaire.

S’agit-il de départs volontaires ou forcés avec menaces d’intimidation par la hiérarchie ? Serait-ce une chasse aux fonctionnaires de gauche ?

Ce plan s’inscrit dans une politique plus générale de casse des politiques menées par la précédente majorité, avec une volonté de réduction drastique des effectifs, de non renouvellement des contractuels et même d’un appel aux agents des autres collectivités comme les Mairies, pour effectuer des heures supplémentaires au Conseil départemental.

Ces départs auront inévitablement pour conséquence une dégradation du service public rendu par le Conseil départemental. Par lien de cause à effet, nous sommes également en droit de craindre une réduction drastique des horaires d’ouverture des MDS, des MDPH, des embauches d’intérimaires inexpérimentés pour pallier des manques d’effectifs qualifiés, un suivi plus qu’aléatoire des dossiers, des délais d’attente encore plus longs pour des populations qui sont déjà extrêmement fragilisés.

La fédération de l’Essonne du Parti Socialiste dénonce et condamne ces agissements. Elle refuse que le Conseil départemental de l’Essonne se transforme en laboratoire des politiques de droite au niveau national : suppressions de postes, remise en cause des acquis sociaux et suspicion généralisée.

Elle apporte tout son soutien aux élus de la gauche rassemblée et des écologistes pour faire front contre ce projet dévastateur et pour défendre les Essonniens face à la casse du service public annoncée.

Carlos Da Silva, Premier Secrétaire fédéral de l’Essonne